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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 23:10

 

 

                                                           

                  La plume des Andes. Voyage imaginaire en terre amérindienne,

Sophie Koechlin (texte), Véronique Dubois (illustrations), sur une idée originale de Lise Bourquin Mercadé, Uña Ramos (musique et flûtes), Bruno Ulysse Pauvarel (guitares), éditions Kanjil, octobre 2010, 48 pages,  21 minutes.

 

 

 

 

Cet album-CD déçoit par rapport aux albums déjà parus (La reine des poissons, La légende de Chico Rei, Un jour je serai libre…) plus complets, puisque ceux-ci comprennent à la fois un conte, un récit documentaire et de nombreux éléments sur la composition du livre, et surtout beaucoup plus riches de résonances culturelles et esthétiques.


Il n’y a ici qu’un conte beaucoup moins riche, à mi-chemin entre conte véritablement initiatique et récit documentaire, assez artificiel. Sophie Koechlin rend d’abord compte dans ce « voyage imaginaire en terre amérindienne » de certaines coutumes et croyances amérindiennes. Le conte est présenté comme l’histoire qu’une Indienne, Biche Egarée, raconte à Wara (Etoile en aymara), sa toute petite-fille sur sa naissance.
Juan De Sol, le fils du Soleil, est né sur les hauts plateaux andins dans la tribu des Aymaras, est un petit garçon très turbulent. Pour le calmer, ses parents lui offrent une flûte qui le calme instantanément. Au fil du temps, il devient un excellent musicien, très réputé. Il s’isole un soir près du lac Titicaca pour écouter la mission que les Esprits de la Nature veulent lui confier : le lama, le jaguar, le condor et le puma, animaux du Sud, et le bison, l’ours, l’aigle et l’élan, animaux du Nord, l’accompagneront dans un voyage destiné à renouer les liens entre le Nord et le Sud. Juan finit par arriver dans le village de la tribu de Deux Ours. Ce dernier le présente au chaman Aigle Souriant, et organise un grand « pow wow » pour la fête de l’été. Auparavant un « sweat lodge » (tente à transpirer) réunit Juan et le fils du chef pour purifier le village et achever la guérison du chaman. Jeux, danses et chants prolongent la fête. Juan et Biche Egarée, la fille du chaman, font de longues promenades et se marient au début de l’automne. Avant de repartir voir les siens, le jeune homme demande à son épouse de nommer la petite-fille qui naître Wara, de lui conter leur histoire et de lui donner, en gage d’amour, la plume d’une colombe trouvée lors de son départ. Lorsque Wara approche de ses sept ans, elle attend son père qui, elle le sait, viendra la chercher pour l’emmener, avec sa mère, dans les hauts plateaux andins.

Après le conte, l’album présente un lexique des mots et symboles amérindiens qui permet d’élucider le rôle exact du chaman, les croyances au Grand Esprit (Wanka Tank), le sens des cérémonies (danse du Soleil, pow wow, sweat-lodge), la signification des objets (flûte, tambours, plume).

La dernière page donne quelques indications sur les sources d’inspiration de l’auteur et surtout de l’illustratrice.

Si les illustrations aident les plus jeunes enfants à suivre les péripéties, elles ne séduisent pas vraiment. Elles s’inspirent des tissus et peintures amérindiennes dont elles adoptent les couleurs vives : rouge, jaune, vert, violet, bleu canard, bleu clair… Deux techniques sont utilisées : illustrations sur papiers découpés et peintures acryliques sur bois grand format. Les moins réussis sont celles qui donnent à voir de plus près les figures humaines dont les trait sont assez grossiers.

 

C’est la musique qui fait l’intérêt principaldu CD. La voix de la conteuse est certes chaleureuse, mais sa diction est trop monocorde. La musique du flûtiste Uña Ramos, constitutive du récit, est plus variée : elle donne une couleur propre aux différents épisodes. Elle initie à la spiritualité amérindienne. On entend trois morceaux principaux : Dueme Bolivianito, Los Pajaros del Viento, La catedral, qui s’entrelacent avec la narration ou se déploient dans les pauses. La répétition des motifs facilite leur appropriation, mais il est regrettable que l’absence de plages ne permette pas une réécoute ciblée, en particulier du long morceau final.

 

Malgré les importantes réserves émises, cet ouvrage peut être retenu : il constitue une première étape pour découvrir, en famille ou à l’école, une autre culture et réfléchir à l' union entre les hommes d’une part,  entre l’homme et la nature d’autre part.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur (nombreuses illustrations) : http://www.mondoral.org/spip.php?page=articlesimple&id_article=7108

- Site de l’éditeur : http://www.kanjil.fr/

 

 


 

 

Vous pouvez consulter la sélection de livres CD de l’association Croqu’livre – Centre Régional de ressources en littérature de jeunesse.


http://www.croqulivre.asso.fr/spip.php?rubrique196

 

 

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