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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 23:41

   

 

 

Ce conte est issu d’un collectage effectué à Moulia, dans le Sud-Gabon. Dans le texte même, le conteur, gabonais, vise à restituer les veillées traditionnelles, grâce au préambule, aux ponctuations par les formules rituelles en langue bantoue, au refrain (police de couleur brune) – bilingue – entre les différents épisodes, aux nombreuses répétitions ponctuelles (soulignées par leurs caractères gras), typiques du style oral, ou propres à la structure de chaque épisode.

Les dialogues tiennent une place importante. Leur transcription en orange aide l’enfant à suivre le CD.

 

Le conte

Dinzune est la fille aînée de Tate Nzambi, l’homme le plus respecté du village. Sa beauté exceptionnelle la fait courtiser par tous, humains et animaux, mais elle est aussi particulièrement capricieuse. Si la leçon fondamentale du conte, explicite, répétée, est : « Que cette leçon nous serve pour demain./ De toute façon, nous sommes toujours/ En train de nous construire. », ainsi que la nécessité de la solidarité, Dinzune, quant à elle, persiste dans ses erreurs. Son premier mariage avère une créature étrange transformé en un beau jeune homme s’avère catastrophique : celui-ci la tue et la découpe en morceaux ainsi que leur enfant. Grâce aux pouvoirs de son père, elle renaît. Elle accepte successivement comme prétendants une tortue, un oiseau, un humain, qu’elle bannit (comme tous les membres de leur race) pour leurs pratiques et défauts naturels incompatibles avec la vie du couple. Seul Meghène-Fils-de-Panthères parvient à l’épouser, mais il périt pour satisfaire une envie de viande de son épouse enceinte - et ce malgré sa persévérance et sa ruse – face à la coalition des animaux, guidés notamment par Kudu-Fils-de-Tortue. Dinzune ne s’amende pas pour autant. La véritable leçon du conte, à résonance étiologique, est finalement la nécessité pour les humains et les animaux de rester à la place attribuée par la nature : la transgression des interdits entraîne le malheur.

 

Les illustrations

Elles ne sont pas nombreuses (11 en pleine page), mais de qualité. Modernes, stylisées, d’inspiration cubiste, de couleurs sobres, elles ne visent pas à restituer les motifs traditionnels : elles condensent les éléments clés de chaque péripétie. Les  instruments de musique de la couverture souple signalent les parties chantées.

 

Le CD est indissociable de l’album : c’est le meilleur vecteur de la transmission de ce conte oral. Il correspond au spectacle que présente Rémy Boussengui dans le cadre de l’agence Les Singulier(s). Il comprend 5 plages, correspondant aux 5 épisodes du conte, ce qui permet une fragmentation de l’écoute de ce conte long pour les enfants les plus jeunes (5-6 ans), et une réécoute des épisodes les plus riches (le 1er et le dernier).

Il s’ouvre sur des cris d’animaux, sur les paroles rituelles qui instituent le dialogue avec les participants.

Le conteur donne vie au conte tant dans les parties narratives que dans l’interprétation des différents personnages qui ont sa couleur propre. Sa tessiture vocale est très ample. Certes on peut être dérouté au départ par la voix et les intonations maniérées prêtées à Dinzune, destinées probablement à traduire son caractère capricieux et désinvolte. Mais on est ensuite pris par la voix puissante du conteur et les chants très réussis de certains épisodes, notamment le 4e : une très belle voix masculine et deux voix féminines s’entrelacent avec la narration. 3 instruments traditionnels les accompagnent, ceux que représente l’album : isanza, ndungu, mungongo (arc musical, arc en bouche).

 

Un album CD intéressant à découvrir en famille, pour le plaisir du conte, ou à l’école. Il se prête à une exploration transdisciplinaire et transculturelle, ouvre des pistes de réflexion, de recherche documentaire, de mise en voix ou de mise en scène partielles.

 

Liens

- Présentation de l’éditeur (accès à un extrait) : http://lejardindesmots.fr/librairie/product.php?id_product=67

- Présentation  du Choix des libraires : http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-98393-les-fiances-de-la-foret-conte-traditionnel-du-gabon.htm

- Le conteur : http://www.lessinguliers.fr/spip.php?article16

- Site de l’éditeur : www.lejardindesmots.fr
- Site de l’agence Les singulier(s) : http://www.lessinguliers.fr/

 

 

  

 

Les fiancés de la forêt. Conte traditionnel du Gabon


Rémy Boussengui (adaptation, narration), Sophie Auvin (illustrations), les éditions du jardin des mots, collection Les Savoureux, 2010, 64 pages, 46 min.

 

 

 

Vous pouvez consulter la sélection de livres CD de l’association Croqu'livre - Centre Régional de ressources en littérature de jeunesse.

 

Cette liste, plutôt qu'une sélection, est une analyse de la production par un groupe lecture qui se réunit régulièrement. Tous les titres sont repris ici, ceux que l'on aime et les autres...

http://www.croqulivre.asso.fr/spip.php?rubrique196

 

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