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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 00:05

 

 

 

Douce et Barbe Bleue,

 

Christian Emery (livret), Gianni De Conno (illustrations), Isabelle Aboulker (musique), Maîtrise de Radio France (interprétation), Gallimard Jeunesse Musique, collection Grand répertoire, 2003

 

 

Le livret de l’opéra

Ce conte musical en forme d’opéra revisite le conte de Perrault avec poésie, humour et cruauté. La fin est tragique et pourtant le duo final de Douce et Barbe Bleue est un duo d’amour réciproque, qui donne à Barbe Bleue une profonde humanité. Douce, soumise et aimante à l’image de son prénom, est perdue par sa curiosité. Le choeur des enfants commente, suit l'action et invite à rêver.

 

Les illustrations

Les très belles illustrations s’inspirent des tableaux de Vermeer. Des cadres de différentes tailles sont disposés dans la page : gros plans sur les visages, la clé, le couteau, et vues générales.

4 doubles pages sont particulièrement signifiantes : le couple, l’ouverture de la porte, les menaces de Barbe Bleue, la vue de la tour. Il y a contraste entre les lignes droites, les symétries classiques qui respirent le calme et les lignes obliques dynamiques et tragiques. La couleur bleue qui domine largement et les tonalités assourdies et sombres contribuent à l’atmosphère inquiétante, de façon peut-être plus uniforme que le texte même du livret. L’expression des visages reste imprécise, ce qui accroît l’impression de mystère des âmes.

 

Le CD

Le texte est mis en musique par une compositrice contemporaine, Isabelle Aboulker, qui a publié des ouvrages pédagogiques. Il et chanté par la Maîtrise de Radio France. Le début peut dérouter un peu, mais très vite voix et instruments se déploient et créent l’émotion, font sentir les contrastes et ressortir la tension dramatique. Si la diction des chœurs est parfois imparfaite, la qualité des solistes est remarquable. Les principaux airs sont faciles à mémoriser, notamment le duo final.

 

La partie documentaire

L’album comprend 8 pages documentaires, toutes intéressantes :

- Du conte à l’opéra avec quelques vignettes d’anciennes éditions (Les contes à la veillée ; Barbe Bleue ; Un recueil fabuleux ; Charles Perrault ; Pourquoi les contes finissent bien).

- A toi de chanter, avec les partitions pour piano : air de la clef ; Anne, Sœur Anne ; Et si on rêvait quand même ; Le grand bal.

- Et si on jouait ! : Reconnais les instruments ; Du plus grave au plus aigu ; Histoires de chœur ; Allegro ma non tropo ; Lexique rigolo !

 

Bilan

L’ensemble peut être découvert avec plaisir par des enfants dès 6-7 ans, surtout si l‘on commence par le CD. Au-delà de la pure lecture et audition plaisir, une exploration accompagnée peut être faite, dans les centres de loisir, à l’école, même au collège et au lycée : travail transdisciplinaire, interculturalité, le genre du conte. Ce peut être l’occasion de recherches intéressantes au CDI sur le conte de Perrault, les autres versions du conte (voir la collection Le tour du Monde d‘un Conte chez Syros), leurs interprétations, les différents illustrateurs (dont Gustave Doré), les diverses adaptations musicales, cinématographiques… Cet opéra permet une bonne initiation à la musique contemporaine.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur (accès à un extrait) : http://www.gallimard-jeunesse.fr/3nav/detail.php?code_article=A55583 (accès à un extrait)

- Site d’Isabelle Aboulker : http://www.isabelle-aboulker.com/disco.htm

- Texte du conte de Perrault : http://www.clpav.fr/lecture-barbe.htm

- Présentation de Les histoires de Barbe Bleue racontées dans le monde
(collection Le Tour Du Monde D'un Conte, Syros Jeunesse, 2009) : http://www.syros.fr/index.php?option=com_catalogue&page=ouvrage&param_y=F_ean13&value_y=9782748508383&retour=0&espace=0&Itemid=2

- Le conte et ses adaptations sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Barbe_bleue

- Présentation de classiquenews.com : http://www.classiquenews.com/lire/lire_chronique_livre.aspx?id=63

 

 

 

 Vous pouvez consulter la sélection de livres CD de l’association Croqu'livre - Centre Régional de ressources en littérature de jeunesse.

Cette liste, plutôt qu'une sélection, est une analyse de la production par un groupe lecture qui se réunit régulièrement. Tous les titres sont repris : ceux que l'on aime et les autres...

http://www.croqulivre.asso.fr/spip.php?rubrique196

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 18:29

La mélodie des Tuyaux,

Benjamin Lacombe (texte et illustrations), Alex Rubio, Jean-Baptiste Marino (chansons et musiques), Olivia Ruiz (narration), Seuil jeunesse, 2009, 37 pages, environ 38 minutes.
25 €

 

Le conte

L’histoire d’un coup de foudre et d’une vocation irrésistible, même si elle est assez convenue, séduit les jeunes enfants (surtout les filles), lecteurs ou non, à partir de 5 ans.

Alexandre, un jeune garçon promis au travail en usine dans une ville sombre, voit un jour arriver des roulottes rouges d’où sortent des êtres étranges. Et surtout il aperçoit une petite gitane qui le fascine immédiatement et lui fait rencontrer ses cousins guitaristes. Ceux-ci lui découvrent un don exceptionnel ; ils lui apprennent à jouer de la guitare avec eux et le préparent même à interpréter en soliste une sérénade qu’il compose pour Elena, la petite fille qui devient ensuite sa femme.

 

Les illustrations

Les illustrations au dessin net sont en harmonie avec le conte. Les couleurs froides et sombres du monde industriel contrastent avec les couleurs chaudes de l’univers du cirque. Les gros plans sur les visages expressifs incitent au rêve. Ces illustrations en pleine page (avec quelques illustrations sur une double page) font face au texte, très lisible sur fond blanc orné d’un filet doré (partiel) et de vignettes illustrant un détail de l’histoire.

 

Le CD

Ce conte musical est dit de façon assez nuancée par Olivia Ruiz qui varie les intonations selon les personnages et fait entendre l’accent et les quelques phrases en espagnol des forains. L’histoire s’ouvre sur les bruits de l’usine. Puis lorsque les guitaristes interviennent et lors du récit des représentations, la musique flamenco se déploie. Aux 11 plages du récit succèdent les 4 plages qui reprennent les différentes chansons ; le texte de 2 d’entre elles clôture l’album. Ce sont des chansons en espagnol qui initient très agréablement à la musique andalouse. Le CD est appelé par le contenu même du conte.

 

 

Un bel album CD de grand format (40 x 28 cm), aux illustrations et au texte soignés (malgré une certaine maladresse dans l’usage du prologue et de l’épilogue), qui fait découvrir les compositions originales des deux compositeurs gitans et un « payo » (non gitan) surdoué, le jeune chanteur Loris Vallois.

A lire et écouter seul ou accompagné selon l’âge, en famille ou en classe pour une exploitation interdisciplinaire et/ou interculturelle. Une initiation poétique, quoique relativement limitée, aux différences.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur : http://www.editionsduseuil.fr/livre/M%E9lodie%20des%20tuyaux/9782021001525
- Interview de Benjamin Lacombe pour le site Les Histoires Sans Fin.com : http://www.dailymotion.com/video/xawt89_interview-de-benjamin-lacombe-la-me_creation -

- Benjamin Lacombe sur myspace.com : http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=202488388&blogId=504970609 

- Présentation sur paperblog.fr :

http://www.paperblog.fr/2410689/la-melodie-des-tuyaux-benjamin-lacombe/
- Présentation et extrait sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=RqFm-GtAAzg&feature=related

 

 

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 18:23

Prince Serpent,

Jihad Darwiche (texte, narration), Azadeh Madani (illustrations), Lirabelle, collection Contes de Perse, 2008, 36 pages, 15 €.

 

 

Le conte

Mahrou, la plus jeune et la plus douce fille d’un pauvre homme devient l’épouse du Prince Serpent, à la demande de celui-ci. Elle vit heureuse dans un palais somptueux sous terre. Sur la suggestion d’une de ses sœurs, elle verse un soir la tisane qu’elle doit boire et découvre que le prince se métamorphose en un beau jeune homme. Mais comme elle jette au feu sa peau de serpent, elle le voit disparaître et est condamnée à partir à sa recherche très loin. Elle arrive dans un pays étrange où tout appartient à son mari. Elle parvient à se faire reconnaître de ce dernier, mais ses tantes sont des ogresses et il doit être marié à une cousine. Passant pour une servante, elle est soumise à des épreuves de plus en plus dangereuses, dont elle triomphe grâce à l’aide de son époux. Elle finit par échapper à la mort. Tous deux s’envolent et reviennent dans le pays de Mahrou.

A la fin de l’album Jihad Darwiche commente (trop) rapidement ce conte initiatique sans morale explicite dont il existe plusieurs versions au Moyen Orient. De nombreuses autres comparaisons peuvent être faites : avec le conte d’Amour et Psyché (Apulée), l’histoire de Yamlikha, reine des serpents (Les Mille et une nuits), Babayaga

 

Les illustrations

Les illustrations en pleine page sont très sobres. Résolument modernes, très éloignées de la tradition, elles présentent des sortes de vignettes rectangulaires ou arrondies mettant en scène les péripéties de la page en vis-à-vis : ce sont de fins dessins au trait très stylisés. Les seules couleurs utilisées sont diverses nuances d’ocre, de beige et de marron. Elles surprennent, dépaysent et soulignent la difficulté des épreuves. Elles peuvent dérouter de jeunes enfants pourtant capables d’apprécier le conte.

 

Le CD bilingue

Il constitue vraiment un complément très riche. On peut regretter que l’album ne présente pas le sommaire des 4 plages : version française contée par Jihad Darwiche, Tabé-banafshé (plage musicale), version persane contée par Parviz Abolgassemi, reprise de Tabé-banafshé.

La narration de Jihad Darwiche, assez abrupte, correspond bien à la relative dureté du conte, mais peut dérouter, du moins au début, car le charme opère peu à peu. La musique orientale est très discrète. Ce qui est intéressant, c’est la différence entre la version écrite et la version orale : emploi du passé composé, tournures plus simples. L’écoute de la version persane permet aussi de deviner des différences de style et d’apprécier une façon de conter très différente.

On peut regretter l’absence de commentaires dans l’album sur les plages musicales, les instruments utilisés et le persan.

 

 

Bilan

L’ensemble peut être écouté avec plaisir par des enfants dès 5-6 ans, et lu par de jeunes lecteurs (lisibilité de la typographie). Au-delà de la pure lecture et audition plaisir, une exploration accompagnée peut être faite, dans les centres de loisir, à l’école, même au collège et au lycée : travail transdisciplinaire, interculturalité, le genre du conte. Ce peut être l’occasion de recherches intéressantes au CDI, de l’élaboration d’un document d’accompagnement complétant les deux pages documentaires finales.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur (accès à des illustrations) : http://www.lirabelle.fr/livre.php?id=186&order=1

- Présentation du CNDP : http://www.cndp.fr/actualites/default.asp?page=eleve/livres/L20090527.htm

- Site de Jihad Darwiche : http://www.mondoral.com/spip.php?rubrique97

- Site de l’éditeur Lirabelle : http://www.lirabelle.fr

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 01:19

Peau d’Ane, Riquet à la Houppe, La Belle au Bois Dormant, Charles Perrault, Charlotte Gastaut (illustrations), Louis Dunoyer de Segonzac (musique), Gallimard-Jeunesse Musique, collection Contes de toujours, 2009.

 

 

Les contes

L’intérêt majeur de cet album-CD est de présenter la version intégrale des 3 contes de Perrault, à une exception importante: les morales sont exclues, alors que les deux contes en prose sont extraits des Histoires ou Contes du temps passé. Avec des moralités (en vers, nettement destinées aux adultes). Dans le cas de Peau d’Ane, extrait des Contes en vers pour adultes (dédicacés), il s’agit d’un simple préambule auquel les derniers vers du conte (transcrit) font écho.

Ces contes sont complexes et leurs liens avec les contes oraux traditionnels sont largement discutés. Le public visé est aussi adulte, comme en témoigne l’importance de l’humour. Riquet à la Houppe, le moins connu, est particulièrement subtil et humoristique (mais lui aussi issu non seulement d’une tradition littéraire et de la tradition). Quant à La Belle au Bois Dormant, la version intégrale permet de découvrir les différences considérables avec Grimm  qui s’arrête au mariage. Celui-ci chez Perrault reste d’abord secret, le prince craignant la Reine soupçonnée d’être une ogresse, et il naît deux enfants : l’Aurore et le Jour. A la mort du Roi, le mariage devient public, mais la Reine profite du départ de son fils à la guerre pour demander au maître d’hôtel d’égorger les enfants puis la Reine. Celui-ci les cache chez lui. Ce n’est que le retour imprévu du jeune Roi qui les fait échapper à leur exécution définitive.


Illustrations

Les dessins au trait fin sont décevants à mon goût. Si les robes de Peau d’Ane sont somptueuses, les visages sont assez inexpressifs, voire mièvres. L’aspect humoristique est cependant traduit, notamment dans Riquet à la Houppe. La mise en page est dynamique.

 

CD

L’interprétation d’Annie Duperey est ici plus convaincante que dans le premier ouvrage de la collection (Blanche-neige et autres contes). Les nuances subtiles des textes, les notations malicieuses et humoristiques prennent toute leur place.

La musique de L. Dunoyer de Segonzac, peu présente, est très classique (flûtes et guitare) : elle sert d’introduction et de ponctuation des principaux épisodes.

 

 

Bilan

Bien évidemment, au-delà du simple plaisir de la lecture ou de l’audition, ils se prêtent à une exploration plus méthodique, pluri ou transdisciplinaire et pluriculturelle, en classe, du cycle 3 au collège, et même au lycée : comparaison entre les divers contes de Perrault (thème majeur de l’apparence, identité révélée par une séance d’essayage, animal remplaçant la victime humaine…), avec les contes de Grimm, avec des versions d’autres pays (voir sur Croqu’livre Peau d’Ane : Histoire ancienne et véritable de la Peau D’Anesse, de J.-J. Fdida, J.-M. Machado, N. Novi)

avec les adaptations pour enfants diversement illustrées (éventuellement avec CD), les versions cinématographiques (dont le film de Jacques Demy).

Le CD peut aider à saisir la vertu de ces contes issus de la tradition orale, et également faciliter leur approche notamment dans le cas d’élèves déficients visuels ou dyslexiques ou d’élèves nouvellement arrivés en France.

 


 

 

Liens

- Texte orignal de Peau d’Ane : http://www.momes.net/contes/peaudane/peaudane.html

- Texte original de Riquet à la Houppe : http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre2349.html#page_1

- Texte orignal de La Belle au Bois Dormant : http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre2365.html#page_1

- Présentation de l’éditeur (accès à un extrait) : http://www.gallimard-jeunesse.fr/3nav/contenu.php?age=&page=detail&code_article=A62484

- Fiche Autour des contes sur Télémaque : http://ww2.ac-creteil.fr/crdp/telemaque/comite/contes.htm

-Conférence de Tony Gheerraert sur les Contes de Perrault illustrés par G. Doré : http://lettres.ac-rouen.fr/sequences/tl/perrault/pa.htm

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 01:17

Comptines de miel et de pistache, 29 comptines arméniennes, grecques, kurdes et turques,

Nathalie Soussana (collectage), Delphine Jacquot (illustrations), Jean-Christophe Hoarau (réalisation musicale), Didier jeunesse, 2009, collection Comptines du monde, 57 pages.

 

Ce nouvel album a été réalisé pour fêter l'année de la Turquie et illustrer la diversité des langues et des styles musicaux d'Anatolie (l’Asie Mineure).

 

 

L’album

La partie documentaire est très soignée comme dans le reste de la collection. Une carte précède l’introduction de 2 pages qui justifie la réunion de ces comptines issues du berceau culturel de notre civilisation, dont Istanbul, lieu de brassage culturel est la ville symbole. La perspective historique permet de comprendre les liens entre l’Asie Mineure et la Grèce, comme les singularités. Comme le souligne Nathalie Soussana, à l’origine du collectage, « l’art, la musique la poésie et la musique rassemblent les peuples bien plus sûrement que l’Histoire qui parfois les divise ».

Suivent 2 pages d’explications sur les langues aux sonorités distinctes: l’origine ouralo-altaïque du turc ( classification discutée) et la réforme de l’alphabet par Mustapha Kemal, l’origine indo-européenne du kurde et la présence de plusieurs dialectes non unifiés avec leur répartition géographique, l’utilisation de 3 alphabets, latin, cyrillique, arabe ; quant à l’arménien, c’est une forme assez primitive de l’indo-européen, à l’alphabet spécifique.

Les paroles sont reproduites dans les langues d’origine et leurs alphabets propres au besoin, puis en ce cas transcrites en caractères latins, et traduites en français.

Les 6 pages finales de commentaires donnent pour chaque morceau des repères historiques, géographiques, culturels, gestuels et musicaux. Les principaux instruments de musique sont présentés, dont les plus emblématiques: la darbouka, le dehod (instrument de percussion arménien), le bouzouki (luth grec), l’oud (luth arabe), le kâmanchê (sorte de violoncelle), le saz (luth d’origine persane), le duduk (sorte de hautbois arménien)…

 

L’album comprend des berceuses, des comptines scandées, chantées ou jouées avec des gestes, des danses. Toutes ont été recueillies à Paris. Elles illustrent la vie quotidienne de l’enfant, les perturbations de ses nuits, de ses petits bobos, ses premiers mots, la gastronomie traditionnelle plages 9, 26). Elles chantent les montagnes (plage 1) ou la mer (plage 3). Elles rendent compte de vicissitudes de l’histoire. Les chants turcs ruraux sont plus orientaux, les citadins plus occidentaux.

 

Les illustrations sont belles. Les couleurs sont à la fois vives et non saturées. Les couleurs chaudes dominent : marron, orange, rouges. S’y associent des bleus profonds. Ces illustrations soulignent les parentés, mais nécessairement moins les singularités. L’aspect orientalisant domine : importance des motifs de décoration florale sur lesquels se détachent dans des courbes des grandes figures humaines ou animales.

L’utilisation de techniques mixtes révèlent de multiples détails pleins de finesse : collages de tissus, de papiers rares, insérés dans un dessin à la plume, « lavis peaufinés à la pointe du pinceau ». La rigueur de l’ensemble n’empêche pas la présence d’illustrations plus fantaisistes et humoristiques.

On peut regretter que les textes sur fonds de couleur soient assez difficiles à lire.

 

 

Le CD

Le choix est très riche, puisqu’il marie les rythmes lents et apaisants et les rythmes dansants et ondulants. Certaines chansons, partagées au-delà des frontières, sont interprétées en plusieurs langues (plage 27). Les arrangements utilisent les instruments traditionnels et laissent libre cours à l’inspiration des interprètes. On entend des voix d’enfants ou d’adultes, aux intonations et modulations (timbres) caractéristiques de chaque région: nasillards par exemple pour les nissiotika des îles grecques. A la simple écoute, on peut repérer les différents types de chansons, notamment bien sûr les berceuses (particulièrement belles et accessibles, comme dans les autres ouvrages de la collection ; plages 4, 10, 14), les jeux de doigts, les comptines imitant le cri des animaux (plage 11), les rondes, les danses les plus connues (sirtaki, ou danses apparentées : kalamatianos de Macédoine), ce qui peut être une façon d’aborder une étude un peu plus approfondie pour les plus grands, ou d’inciter à une appropriation en acte lorsque les sonorités ou les rythmes dépaysent davantage.

 

Bilan

Avec un accompagnement approprié, cet album-CD se prête à une exploration pédagogique pluridisciplinaire et interculturelle (même au lycée). Il est particulièrement intéressant dans des classes accueillant des élèves d’origine turque et pour la découverte des langues et cultures.

La dimension interculturelle peut être abordées non seulement entre les quatre cultures ici représentées, mais aussi grâce à la comparaison avec les chansons traditionnelles françaises (par exemple les jeux de doigts qui mettent en scène l‘auriculaire qui n‘a rien à manger, les chants issus de contes populaires, comme la plage 5). Les thématiques sont universelles.

 

Un très bel album CD pour tous, enfants et adultes.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur (accès à la liste des chansons, à 5 extraits musicaux, à des illustrations) : http://www.didierjeunesse.com/component/catalogue/?view=article&id=314

 - Présentation sur krinein.com : http://www.krinein.com/livres/comptines-miel-pistache-9354.html

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 01:35

La musique des Gitans. Le petit cheval d’étoiles,

Béatrice Fontanel, Charlotte Gastaut (illustrations), Titi Robin (mise en musique), Jean Diab (récitant),

Gallimard Jeunesse, novembre 2008, 33 pages, collection Gallimard jeunesse Musique, A la découverte des musiques du monde,

13,50 €

 

Cet album CD m’a paru décevant à la première écoute, plus intéressant dans les écoutes suivantes.

 

L’histoire

C’est ce qui me paraît le plus léger. L’histoire hésite entre conte véritable et prétexte à informations de base sur les Gitans, en réalité très sommaires et convenues échangées entre un « papou » et son arrière petit-fils Angelo. Les quelques mots romani, tels hérisson, cheval…, sont malheureusement absents de l’album.

Le conte est conventionnel et surtout pas assez long pour installer par la parole la poésie, le fantastique de la nuit dans la forêt au sein de laquelle le petit garçon se perd. La morale est à la fois logique et convenue : hymne à la liberté que représente la constellation du petit cheval.

 

Les illustrations

Les illustrations très colorées, privilégiant les couleurs bleu sombre de la nuit occupent des doubles pages, le texte étant imprimé en blanc. Le dessin est très stylisé et naïf. Elles sont plaisantes et poétiques.

 

 

La partie documentaire (8 pages)

2 pages permettent de connaître les instruments et les voix.

2 pages offrent un petit tour d’Europe des Musiques Rom, avec des cartes, des photos légendées ;

2 pages présentent la famille Diab qui circulent avec leur roulotte pour faire connaître leur mode de vie traditionnel dans les mairies et les écoles (spectacle Nomad’s Land).

1 page est consacrée aux Roms en fête, 1 page aux musiciens .

1 page transcrit le texte des chansons bilingues (manouche, castillan et catalan).

 

Le CD

La diction m’a paru maladroite.

Le récit alterne régulièrement avec la musique, beaucoup plus intéressante. Celle-ci, créée par Titi Robin, fait bien sentir la « voix » des instruments, l’expressivité de la musique, supérieure à celle des mots. On est entraîné par le son du violon, des guitares manouche et flamenca, du cajon, des palmas et des voix qui chantent en manouche et en catalan !

Cet album CD, malgré ses faiblesses, un certain décalage de destinataire entre l’histoire (pour les plus jeunes) et la partie documentaire plus exigeante, est intéressant et peut permettre de sensibiliser des enfants relativement jeunes à une culture différente. Il est peut-être préférable de commencer par le CD.

 

 

Liens

- Présentation sur la Fnac : http://livre.fnac.com/a2449251/Beatrice-Fontanel-La-musique-des-gitans

-Présentation sur Les p’tits lus : http://lesptitslus.midiblogs.com/archive/2008/10/30/la-musique-des-gitans.html

- Extrait : http://www.gallimard-jeunesse.fr/3nav/w_audio.php?affich=ouvrage&id=A62088

- Le site de Nomad’s Land : http://www.nomad-land.com/

-- Le groupe des Rumberos catalans : http://www.cultures-tsiganes.org/cultures_tsiganes/art/art_p5_mambo.htm

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 01:30

La chèvre de M. Seguin, suivi de Le Sous-préfet aux champs, Le secret de maître Cornille, La Mule du Pape, Alphonse Daudet, May Angeli (illustrations), Fernandel (récitant), Thierry Magnier, 32 pages, 2002, 23 €.

 

Le CD

La lecture de Fernandel est assez sobre. L’environnement sonore décrit par Daudet s’entrelace avec le récit proprement dit et les dialogues. La « lettre » la plus savoureuse à mon goût est celle du Sous-préfet aux champs : la valeur poétique et le sens des répétitions sont révélés par la lecture très expressive de cette « ballade en prose » (Daudet) pleine de finesse.

Le secret de maître Cornille qui se présente comme récit oral du vieux joueur de fifre appelle naturellement la lecture orale.

La lecture de La chèvre de M. Seguin est la plus neutre des 4 lectures ; l’environnement sonore est plus discret. Par là même, cette version ne vise pas les très jeunes enfants, ce que confirment les 3 autres lettres. On peut d’autant plus regretter la suppression de l’introduction de cette lettre dédiée à Pierre Grégoire, poète lyrique, dédicace qui justifie le récit oral explicite la morale de l’histoire.

L’ordre donné à ce choix de lettres semble guidé par une prégnance croissante de la mise en scène sonore.

Le titre des différentes lettres aurait pu (dû) être mentionné.

 

 

Le livre

Le livre demande des lecteurs déjà confirmés pour une lecture autonome. La mise en page est serrée, la police petite, peu contrastée. Les illustrations n’excèdent jamais un tiers de page. Ce sont des aquarelles aux couleurs douces, non saturées, pleines de finesse dans le dessin ce qui est en accord avec l’esprit du CD. Elles soulignent l’humour de l’écriture et restituent l’atmosphère du passé.

 

 

On peut s’interroger sur les destinataires et le contexte de l’appropriation de ce livre-CD de qualité. Qu’apporte le livre par rapport au simple CD ou au simple livre ?

Au sein de la famille, le livre-CD peut rassembler des enfants d’âge et capacités de lecture différents. Le CD peut initier à une lecture plaisir, permettre une approche progressive du texte lui-même.

L’intérêt pédagogique paraît plus évident. Dans une classe hétérogène, l’utilisation du livre-CD permet des travaux différenciés avec de bons ou de moins bons lecteurs, des nouveaux arrivants ou des élèves récemment intégrés, des élèves déficients visuels ou dyslexiques. La présence des illustrations permet des travaux interdisciplinaires.

 

Un ensemble intéressant et relativement exigeant, pour des enfants à partir de 9 ans, des élèves de collège et les adultes.

 

 

Liens

- Présentation de l’interprétation de Fernandel par les éditions Frémeaux & Associés : http://www.fremeaux.com/index.php?page=shop.product_details&category_id=69&flypage=shop.flypage&product_id=808&option=com_virtuemart 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 01:24

Comptines et berceuses des rizières. 29 comptines de Chine et d’Asie, Chantal Grosléziat (collectage), Claire Degans (illustrations), Jean-Christophe Hoarau (réalisation musicale), Wang Weiping, Sanaé Rodière, Kim-Chin Nguyen (interprètes), Didier Jeunesse, collection Comptines du monde, 2007, 58 pages.

Dans l’introduction, une phrase qui pourrait servir d’exergue à toute la collection :
« Pour écouter les insectes, nous ne mettons pas les mêmes oreilles », Ando Wafû, poète japonais.

L’album

7 pays d’Asie sont représentés, pays dont les populations sont présentes en France : le Cambodge, la Chine, la Corée, le Japon, le Laos, la Thaïlande, le Vietnam.

Les diverses langues - mandarin, vietnamien, siamois, lao, khmer, japonais, coréen - sont clairement définies : extension, situation par rapport aux pays, type d’écriture, vocabulaire, différents tons, influences. On trouve les langues nationales de chaque pays mais également les langues régionales comme le xian du sud de la Chine ainsi que des dialectes du nord, du centre et du sud du Vietnam.

Le répertoire témoigne de cultures très vivantes. Il présente une grande variété de formes et de contenus : berceuses (notamment la plage 29), comptines jouant sur les rythmes et les rimes plus que sur le sens, jeux de tape mains ou de balle et de nombreuses chansons évoquant le monde animal et la nature. Si les chants traditionnels traduisent l'importance des rites, des fêtes, des hommages à la nature et aux dieux (plage 19), d’autres évoquent les guerres, les colonisations et les pouvoirs politiques plus récents (plages 10, 17).

Toutes les paroles des chansons sont reproduites dans leur alphabet d'origine, transcrites en caractères latins et traduites en français. Les explications sur les origines, l’ancienneté, les gestuelles et l'instrumentation sont très soignées. Les liens éventuels avec les contes sont signalés (plage 14 : Grand-père In et Grand-père Na, plage 27 : Petit lapin, mélange de Trois petits cochons et du Petit Chaperon rouge).

 

Les illustrations

Elles comptent parmi les plus réussies de la collection, bien qu’on puisse regretter qu’elles tendent à uniformiser les cultures. Sur les fonds de couleurs douces en camaïeu se détachent en aplat des figures animales, quelques visages d’enfants et des silhouettes de femmes berçant leur enfant. Le texte des chansons dessine des vagues (la lecture est un peu difficile).

 

Le CD

La musique est à la fois respectueuse de la tradition et revisitée par Jean-Luc Hoarau, accessible à tous. Les instruments traditionnels d’Asie sont largement représentés: le khène, orgue à bouche laotien, le khong cambodgien, le yangkin ou cithare chinoise, le pipa, la guimbarde, l'erhu, violon, le shamisen, la flûte shakuhachi, le koto, cithare japonaise…

 

Bilan

Ces comptines et berceuses peuvent paraître moins accessibles (même avec les transcriptions) que les comptines créoles ou africaines si l’on vise une participation musicale active. Cependant l’écoute est aisée ; quelques mélodies sont faciles à mémoriser et les variations sur les airs français (Frère Jacques, A vous dirais-je maman, Pierre, ciseaux), intéressantes, facilitent le passage. Le dépaysement immédiat, la douceur ou la gaieté, la sérénité de l’ensemble favorisent la simple écoute dès le plus jeune âge. Avec un accompagnement approprié, cet album-CD se prête à une exploration pédagogique pluridisciplinaire et interculturelle (même au lycée). Il est particulièrement intéressant dans des classes accueillant des élèves d’origine asiatique et pour la découverte des langues et cultures asiatiques.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur : http://www.didierjeunesse.com/index.php?page=13&titre=Fiche-Ouvrage&nombre=26 (accès à des images, à la liste des chansons)

-Présentation d’Eveil et Jeux : http://www.eveiletjeux.com/Produit-124673/Livre-CD-Comptines-et-berceuses-des-rizieres.htm

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 01:46

Notice bibliographique



La Petite Sirène, Hans-Christian Andersen, David Soldi (traduction en version écourtée), Nathalie Novi (illustrations), Natalie Dessay (récitante) ; Fabrice Pierre (instrumentation et direction artistique), ensemble Agora (musiciens), Grieg (Peer Gynt, choix musical), Didier jeunesse, octobre 2008, collection Contes et opéras, 45 pages, durée 65 min 53 sec, 23 €.

Le projet

Le projet, expliqué dans les deux dernières pages du livre, est intéressant. Il s’agit de faire dialoguer le conte d’Andersen, La Petite Sirène, et Peer Gynt de Grieg.

Le projet a d’abord été musical : c’est celui de Fabrice Pierre, de l’ensemble Agora (6 musiciens qui font des spectacles pour enfants) et de Nathalie Dessay comme récitante.

D’où une double adaptation/ sélection pour aboutir à un conte musical cohérent. La traduction du conte d’Andersen par David Soldi a été écourtée par Catherine Pallaro : si le passage de la sorcière est presque totalement conservé, le discours moralisateur final est très réduit.

7 morceaux sur les 23 tableaux musicaux de Peer Gynt ont été sélectionnés : Le matin ; l’orage ; Dans l’antre du roi de la montagne ; La danse d’Anitra ; La danse arabe ; La plainte d’Ingrid ; La chanson de Solveig.

La musique originale a été transcrite par Fabrice Pierre pour un ensemble de 6 instruments seulement : flûte, hautbois, clarinette, basson, cor et harpe.

 

Le CD

Il est réussi. Après la lecture expressive de Nathalie Dessay qui s’entrelace avec les tableaux musicaux (accompagnement ou développement), on peut écouter l’ensemble des morceaux seuls. Le CD constitue donc une bonne initiation à une musique classique très accessible. Le petit nombre d’instruments permet un travail en éducation musicale. Le conte musical peut être aussi travaillé en interdisciplinarité.

 

L’album

Pour ma part, je n’ai guère apprécié les illustrations de Nathalie Novi, non seulement parce qu’elles sont très – trop - reconnaissables, mais aussi parce qu’elles ne sont pas les plus réussies de l’illustratrice. Dominent des verts et des violets trop vifs. Les visages des personnages semblent inexpressifs, notamment celui de la petite sirène, ce qui contredit le texte (la sorcière de la mer lui explique qu’elle n’aura plus que ses « yeux expressifs » pour communiquer avec le prince). Le visage de ce dernier est d’une beauté fade. Nous ne sommes pas associés à la féérie, à la légèreté du monde marin, aux rêves de la petite sirène, alors que les illustrations auraient dû/pu donner à voir ce que la version écourtée ne décrit pas. Les scènes de danse restent très conventionnelles. Même la tempête manque de force. Nathalie Novi affirme s’être inspirée de l’Ecole de Nancy (Trouvé, Gallé), mais on n’en retrouve pas la richesse décorative, la lumière.

La mise en page du texte - peu aérée, police blanche sur fonds de couleur - ne facilite pas la lecture.

 

L’ouvrage peut plaire à des enfants encore jeunes. Pour des enfants un peu plus âgés, ou au collège, on peut souhaiter que le CD et l’album, malgré ses imperfections, servent de tremplin pour un retour au texte intégral qui permette de mieux comprendre le sens de ce conte initiatique, dans lequel l’amour est le moteur de l’élévation spirituelle. Une comparaison avec d’autres contes de même type pourrait aussi être initiée.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur, accès à quelques extraits : http://www.didierjeunesse.com/component/catalogue/?view=article&id=22

- Texte intégral de la traduction de David Soldi : http://fr.wikisource.org/wiki/La_Petite_Sir%C3%A8ne_(Andersen-Soldi)

- Présentation de Peer Gynt, pièce d’Ibsen sur une musique de Grieg sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Peer_Gynt

- Une expérience de lecture de conte d’Andersen : http://litterature.inrp.fr/litterature/recherces/histoire-de-la-recherche/la-petite-sirene

 

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Published by blacot-besoinseducatifs - dans Notices bibliographiques
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