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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 01:17

Comptines de miel et de pistache, 29 comptines arméniennes, grecques, kurdes et turques,

Nathalie Soussana (collectage), Delphine Jacquot (illustrations), Jean-Christophe Hoarau (réalisation musicale), Didier jeunesse, 2009, collection Comptines du monde, 57 pages.

 

Ce nouvel album a été réalisé pour fêter l'année de la Turquie et illustrer la diversité des langues et des styles musicaux d'Anatolie (l’Asie Mineure).

 

 

L’album

La partie documentaire est très soignée comme dans le reste de la collection. Une carte précède l’introduction de 2 pages qui justifie la réunion de ces comptines issues du berceau culturel de notre civilisation, dont Istanbul, lieu de brassage culturel est la ville symbole. La perspective historique permet de comprendre les liens entre l’Asie Mineure et la Grèce, comme les singularités. Comme le souligne Nathalie Soussana, à l’origine du collectage, « l’art, la musique la poésie et la musique rassemblent les peuples bien plus sûrement que l’Histoire qui parfois les divise ».

Suivent 2 pages d’explications sur les langues aux sonorités distinctes: l’origine ouralo-altaïque du turc ( classification discutée) et la réforme de l’alphabet par Mustapha Kemal, l’origine indo-européenne du kurde et la présence de plusieurs dialectes non unifiés avec leur répartition géographique, l’utilisation de 3 alphabets, latin, cyrillique, arabe ; quant à l’arménien, c’est une forme assez primitive de l’indo-européen, à l’alphabet spécifique.

Les paroles sont reproduites dans les langues d’origine et leurs alphabets propres au besoin, puis en ce cas transcrites en caractères latins, et traduites en français.

Les 6 pages finales de commentaires donnent pour chaque morceau des repères historiques, géographiques, culturels, gestuels et musicaux. Les principaux instruments de musique sont présentés, dont les plus emblématiques: la darbouka, le dehod (instrument de percussion arménien), le bouzouki (luth grec), l’oud (luth arabe), le kâmanchê (sorte de violoncelle), le saz (luth d’origine persane), le duduk (sorte de hautbois arménien)…

 

L’album comprend des berceuses, des comptines scandées, chantées ou jouées avec des gestes, des danses. Toutes ont été recueillies à Paris. Elles illustrent la vie quotidienne de l’enfant, les perturbations de ses nuits, de ses petits bobos, ses premiers mots, la gastronomie traditionnelle plages 9, 26). Elles chantent les montagnes (plage 1) ou la mer (plage 3). Elles rendent compte de vicissitudes de l’histoire. Les chants turcs ruraux sont plus orientaux, les citadins plus occidentaux.

 

Les illustrations sont belles. Les couleurs sont à la fois vives et non saturées. Les couleurs chaudes dominent : marron, orange, rouges. S’y associent des bleus profonds. Ces illustrations soulignent les parentés, mais nécessairement moins les singularités. L’aspect orientalisant domine : importance des motifs de décoration florale sur lesquels se détachent dans des courbes des grandes figures humaines ou animales.

L’utilisation de techniques mixtes révèlent de multiples détails pleins de finesse : collages de tissus, de papiers rares, insérés dans un dessin à la plume, « lavis peaufinés à la pointe du pinceau ». La rigueur de l’ensemble n’empêche pas la présence d’illustrations plus fantaisistes et humoristiques.

On peut regretter que les textes sur fonds de couleur soient assez difficiles à lire.

 

 

Le CD

Le choix est très riche, puisqu’il marie les rythmes lents et apaisants et les rythmes dansants et ondulants. Certaines chansons, partagées au-delà des frontières, sont interprétées en plusieurs langues (plage 27). Les arrangements utilisent les instruments traditionnels et laissent libre cours à l’inspiration des interprètes. On entend des voix d’enfants ou d’adultes, aux intonations et modulations (timbres) caractéristiques de chaque région: nasillards par exemple pour les nissiotika des îles grecques. A la simple écoute, on peut repérer les différents types de chansons, notamment bien sûr les berceuses (particulièrement belles et accessibles, comme dans les autres ouvrages de la collection ; plages 4, 10, 14), les jeux de doigts, les comptines imitant le cri des animaux (plage 11), les rondes, les danses les plus connues (sirtaki, ou danses apparentées : kalamatianos de Macédoine), ce qui peut être une façon d’aborder une étude un peu plus approfondie pour les plus grands, ou d’inciter à une appropriation en acte lorsque les sonorités ou les rythmes dépaysent davantage.

 

Bilan

Avec un accompagnement approprié, cet album-CD se prête à une exploration pédagogique pluridisciplinaire et interculturelle (même au lycée). Il est particulièrement intéressant dans des classes accueillant des élèves d’origine turque et pour la découverte des langues et cultures.

La dimension interculturelle peut être abordées non seulement entre les quatre cultures ici représentées, mais aussi grâce à la comparaison avec les chansons traditionnelles françaises (par exemple les jeux de doigts qui mettent en scène l‘auriculaire qui n‘a rien à manger, les chants issus de contes populaires, comme la plage 5). Les thématiques sont universelles.

 

Un très bel album CD pour tous, enfants et adultes.

 

 

Liens

- Présentation de l’éditeur (accès à la liste des chansons, à 5 extraits musicaux, à des illustrations) : http://www.didierjeunesse.com/component/catalogue/?view=article&id=314

 - Présentation sur krinein.com : http://www.krinein.com/livres/comptines-miel-pistache-9354.html

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